<%@ Language=JScript%> La Société Libanaise de Psychanalyse
Historique et présentation de la SLP


La Société Libanaise de Psychanalyse, f
ondée par trois psychanalystes libanais formés en France, est officiellement reconnue par l'état libanais depuis sa fondation le 31 mars 1980. Elle s'est voulue dès l'origine ouverte à des courants divers issus de la pensée freudienne, dans une perspective qui a favorablement enrichi les potentialités théoriques et cliniques de ses membres. L'ouverture de pensée dont elle fait preuve reflète la diversité de la culture libanaise et sa composition pluraliste.

Préhistoire

    Les débuts de la pratique psychanalytique au Liban remontent à l’année 1970. Des analystes formés à Paris, comme Michel et Marie-Thérèse Asfar, Mounir Chamoun, Adnan Houbballah et Adel Akl s’installent au Liban. Ce début timide est entravé par le déclenchement de la guerre de 1975 qui provoque très tôt la mort de M. Asfar, touché par un éclat d’obus en son domicile.

    Malgré le début des hostilités, ces pionniers tentent tant bien que mal d’implanter le discours psychanalytique dans sa double valence de transmission universitaire et de pratique clinique mais certains se trouvent contraints de quitter le pays pour s’installer à l’étranger, là où le climat sécuritaire et sociopolitique permettait un meilleur développement de la pensée, de la réflexion et de la pratique psychanalytiques.
    D’autres collègues d’origine libanaise (qui étaient déjà analystes ou qui ont pu, par la suite, effectuer leur formation à l’étranger) quittent le pays avant ou dès le début de la guerre de 1975, pour s’installer dans différentes régions du globe, comme A. Hani à Washington, G. Awad à Toronto, D. Geahchan à Paris, J. Nassif à Paris, E. Doumit à Lille, Ch. Azouri à Paris, N. Hamad à Paris, N. Khouri à Paris.

La Société Libanaise de Psychanalyse

    C’est en 1980 que la SLP fut fondée par Mounir Chamoun, alors membre de la Société psychanalytique de Paris, Adnan Houbballah et Adel Akl, respectivement membre et proche de l’Ecole freudienne de Paris. Elle s’est voulue dès l’origine ouverte au freudisme et au freudolacanisme. L’ouverture de pensée dont elle fait preuve incarne la diversité de la culture libanaise et reflète l’originalité de sa composition plurielle. Elle est officiellement reconnue par l’état libanais dès sa fondation le 31 mars 1980. Jusqu’en 1985, et avec l’admission d’une quatrième psychanalyste Liliane Ghazaly, les activités scientifiques organisées durant les premières années et destinées à faire connaître le discours analytique en milieu institutionnel et universitaire devaient être suspendues devant l’embrasement du conflit armé.
   La vie scientifique de la société – pratiquement interrompue pendant une dizaine d’années mais avec, toutefois, l’admission en 1993 d’un nouveau membre, Yolande Gueutcherian –, reprend activement en 1995 après une refonte substantielle des statuts. L’assemblée générale élit tous les trois ans un comité administratif qui dirige la société. Un règlement intérieur définit les tâches des membres de ce comité ainsi que les modalités de la formation des analystes (La SLP comprend des membres actifs, des membres en formation et des correspondants). Les modalités de la formation sont régies par le modèle tripartite partout reconnu dans les sociétés psychanalytiques depuis la création des premières structures de formation, à savoir l’analyse personnelle, les supervisions et la formation théorique dispensée sous forme de séminaires théoriques et cliniques.
   En décembre 1993, le Comité Administratif de la SLP adresse une lettre aux analystes libanais exerçant en France pour les inviter à adhérer à la SLP afin de mettre en place une formation rigoureuse au Liban. En 1995 Chawki Azouri, Elie Doumit, Nazir Hamad et Jacques Nassif y répondent favorablement. Chawki Azouri et Adnan Houbballah ont commencé à partager leur temps entre Paris et Beyrouth pour assurer avec Mounir Chamoun les supervisions et la formation théorico clinique des analystes libanais. Mensuelle au départ, leur présence et leur pratique à Beyrouth est devenue progressivement hebdomadaire.
   Pendant les années qui suivirent et jusqu’à l’organisation du premier colloque de la SLP en mai 1999, se sont ajoutés à la liste des membres actifs, Maurice Khoury, Nagib Khouri, Maud Saïkali et Mouzayan Osseiran-Houbballah. La SLP comptait alors treize analystes.
   Depuis le premier colloque de 1999 intitulé "Fonction thérapeutique de la psychanalyse", le nombre des analystes ne cesse d’augmenter. (Cf. page « membres »)..
   Chawki Azouri fonde un service de psychiatrie et de psychothérapie institutionnelle à la Clinique Dr Rizk à Beyrouth puis à l'hôpital Mont-Liban. Premier au Liban et dans le Moyen-Orient, ce service a permis à la psychanalyse d'étendre son discours au domaine médical libanais.
   Parallèlement à la reprise de la vie scientifique et administrative due à la réorganisation institutionnelle de 1995 et à l’instar d’une bonne partie de jeunes sociétés de psychanalyse, la SLP a dû malheureusement faire face à des crises institutionnelles éprouvantes qu’elle a pu traverser après de longues périodes de réflexion et d’élaboration.


Une pensée en mouvement

   La spécificité de la SLP tient à la coexistence du freudisme et du freudolacanisme ce qui enrichit les potentialités théoriques, cliniques et formatrice de ses membres. Par ailleurs, l’ouverture doctrinale dont elle se porte garante et l’hétérogénéité dont elle fait preuve lui permettent de composer avec d’autres champs de la pensée psychanalytique comme la psychanalyse britannique dans ses différentes particularités. Dans leur diversité, ces courants de pensée apportent à la réflexion une densité théorique qui maintient cependant avec rigueur les fondements de la métapsychologie freudienne tout en la soumettant à une réflexion en mouvement. En témoignent les activités scientifiques, séminaires, conférences mensuelles, journées de travail et colloques qui mettent à l’épreuve de la transmission les différences et les oppositions théoriques et cliniques, en exploitant leurs richesses réciproques là où auparavant, les grands courants psychanalytiques avaient connu des exclusions mutuelles.

Les activités scientifiques

   a. Colloques
  
 Le premier colloque de la société, tenu en 1999, avait pour thème La fonction thérapeutique de la psychanalyse. Il devait raffermir les assises de la psychanalyse au Liban, tant sur le plan interne de la SLP que sur le plan de la présence de la psychanalyse dans le champ thérapeutique libanais. Le 2ème colloque, Psychanalyse et Modernité (2002), international cette fois-ci, portait sur l’évolution de la pensée analytique dans son développement, ses bouleversements et ses phases de réorganisation au regard du déploiement en croissance des approches modernes souvent réductrices du psychisme humain et du risque d’éclatement des structures qui constituent le fondement de la clinique et de la métapsychologie freudienne. Les collègues qui y ont contribué, dont certains invités de l’étranger et connus pour leurs travaux originaux, réussirent à joindre la modernité de leur pensée avec la tradition freudienne et ses invariants métapsychologiques.

   b. Conférences et séminaires
   Des conférences mensuelles portant sur un thème annuel ainsi que des séminaires d’enseignement théorique et clinique des membres maintiennent une continuité dans la transmission conceptuelle (concepts métapsychologiques de base) d’une part et les variables apportées par la clinique, d’autre part. Ainsi sont mis en place des séminaires historiques, cliniques et théoriques qui interrogent l’évolution des premières théorisations psychanalytiques et des séminaires qui abordent les différentes manières d’élaborer la clinique, la théorie, la formation et la transmission de la psychanalyse. En outre, plusieurs rencontres nationales et internationales ont eu lieu au Liban pour évaluer la situation actuelle de la psychanalyse dans les champs culturel et thérapeutique au regard du développement inquiétant de la médicalisation et de la psychologisation de la santé mentale.